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Latitude numérique by GD

Décodons la société digitale dans laquelle nous vivons

#1 Pourquoi la mobilité c'est plus funky que le transport ?

Publié le 5 Janvier 2014 par Ghislain Décréau in Mobilité urbaine

#1 Pourquoi la mobilité c'est plus funky que le transport ?

Débutons par les mots (toujours les mots), la sémantique… Vous ne trouvez pas que mobilité ça sonne mieux que transport ? C’est plus chic, plus moderne non ? Ce n'est pas un hasard si ce terme "mobilité" tend à s'imposer dans le langage courant des collectivités...

Le transport c'est la voiture, le camion, le goudron, les gaz d'échappement, c'est lourd et ça pollue... Les trente glorieuses et le « tout automobile » sont derrière nous. Aujourd'hui on constate un fait nouveau : la convergence des termes « mobilité » et « mobile ». Une nouvelle ère s'ouvre avec l'hybridation du monde du transport et du numérique.

Pour comprendre ce concept de mobilité, je recommande un ouvrage essentiel : l’essai de Georges Amar, ingénieur de formation, chercheur et prospectiviste à la RATP. D’après lui, nous vivons un « nouvel âge de la mobilité ». Il voit dans la substitution progressive du terme « mobilité » à celui de « transport », un marqueur de notre époque. Parler de mobilité, c’est admettre qu’un déplacement est à la base, l’action, le choix d’une personne. Le transport caractérise plutôt le système, les outils, les moyens mis à la disposition des individus pour se déplacer. C’est pour Georges Amar, le fait d’un changement de paradigme : « par-delà les divers systèmes de transport qui en sont les outils, la mobilité est désormais le mode de vie et de fonctionnement dominant de notre société »

« par-delà les divers systèmes de transport qui en sont les outils, la mobilité est désormais le mode de vie et de fonctionnement dominant de notre société »

Georges Amar, homo mobilis, le nouvel âge de la mobilité, Limoges,  FYP éditions, 2010, p.16.

Autre lecture indispensable, l’essai écrit à deux mains par Bruno Marzloff, directeur du Groupe Chronos et Daniel Kaplan, délégué général de la Fing "Pour une mobilité plus libre et plus durable". Ces deux auteurs confortent le point de vue de Georges Amar en parlant d’un véritable défi à relever dans les territoires. Il consiste à imaginer une politique de mobilité dont l’objectif est de “concilier la liberté de mouvement avec l’atteinte d’objectifs collectifs, environnementaux et sociaux”. C’est exprimer qu’au même titre que l’éducation, la santé, l’eau, l’habitat, la mobilité est « un droit ». Dès lors il s’agit de prendre en considération plusieurs critères pour orienter une politique publique de transports et de déplacements urbains : « l’organisation de l’espace, le rapport au temps, l’optimisation et l’économie du transport ».

Concrètement, l'évolution du nom des compétences "transport" dans les collectivités traduit cette évolution, l'exemple est donnée par les métropoles. Tout comme Paris, le Grand Lyon est doté d'un Vice-Président en charge des "nouvelles mobilités urbaines". Il est très probable que ce terme soit de plus en plus choisi et privilégié pour définir le rôle des élus en charge des compétences transports, voirie, déplacements... Plus qu'un simple effet de modernité, il s'agit bien d'un signal de changement dans les organisations et une nouvelle manière d'appréhender une politique publique de transport et de déplacement.

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